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Nos fidèles adhérents ont suivi et accompagné Dumet Environnement et Patrimoine (DEP) au cours des dernières années. Certains sont même adhérents de notre association depuis sa création en 2012. Nos statuts fixent comme objectifs la préservation des espaces naturels du site et la valorisation de son patrimoine historique. Ces objectifs ont été à l’origine de la mobilisation de nos adhérents. Au cours des années passées, nous avons œuvré, avec nos partenaires de gestion, à des travaux multiples contribuant à une meilleure connaissance des richesses de l’île et à la mise en œuvre de mesures de protection tant de la biodiversité que des forts. La lettre de Dumet que nous allons diffuser présentera un résumé des actions portées par notre association depuis sa création.

En 2019, le Conservatoire du Littoral a lancé son projet d’élaboration d’un nouveau Plan de gestion. Il nous a été demandé, en conséquence, de suspendre un certain nombre d’actions de terrain dans l’attente des conclusions de ce plan. Nous pensions que ce nouveau plan décennal serait l’occasion d’explorer les différents scénarios d’avenir, d’en débattre pour aboutir à des conclusions à inscrire dans le nouveau plan de gestion.

Mais le déroulement des concertations au cours des 5 années d’élaboration du nouveau plan de gestion n’a jamais permis une discussion, sur le fond :

• Le Conservatoire du Littoral a retenu comme prestataire pour le Plan de gestion un consultant, Biotope, n’ayant ni compétence ni appétence pour le bâti historique, focalisant, par ce choix l’attention, de manière exclusive, sur la seule protection de l’avifaune

• Le Conservatoire du Littoral et le Département co-présidaient le Comité de gestion et avaient donc la maîtrise totale de l’ordre du jour des réunions et du choix des participants. Ils n’ont jamais souhaité mettre en débat les propositions d’avenir pour l’île Dumet proposées par DEP. Ils se sont aussi organisés pour saturer les réunions de représentants des associations d’ornithologues ou strictement naturalistes. Nombre des spécialistes invités à ces réunions n’avaient aucune connaissance du site de l’île Dumet et n’y avaient même jamais posé un pied. Ce parti pris a découragé les non spécialistes, dont les maires de notre territoire et les défenseurs du patrimoine historique, de continuer à participer, au niveau des responsables, à ces réunions consacrées à l’avifaune.

• In fine, le Conservatoire du Littoral, à la demande du Département, a décidé que DEP ne serait plus cogestionnaire du site. Il nous a été proposé un « partenariat spécifique » limité au patrimoine bâti et écartant notre association de toute responsabilité en matière d’environnement. On peut se demander si l’intérêt de ces deux institutions publiques à maintenir un rôle de DEP sur le bâti ne serait pas strictement financier. Il s’agirait alors de faire financer par notre association et ses éventuels sponsors des travaux d’entretien des forts relevant de la responsabilité du propriétaire, le Conservatoire du Littoral. Or, il est évident que, du fait des restrictions d’ouverture de l’île au public, aucun financement privé de mécénat pour des investissements de restauration et d’aménagement sur le Fort carré ne pourra être mobilisé.

Ainsi, notre association se trouve écartée alors même que l’approche que nous proposions n’était pas incompatible avec la protection de la biodiversité tout au contraire. Rappelons que DEP proposait de protéger la biodiversité du site tout en mettant en valeur son patrimoine historique pour en faire un outil d’animation environnemental en faveur du public.

DEP, qui avec ses 250 adhérents avant le lancement du Plan de gestion, représente la population locale est désormais exclue de la gestion du site au profit d’une approche purement administrative d’institutions publiques. Il faut, d’ailleurs, relever que beaucoup de leurs fonctionnaires n'ont eu qu'un contact tardif et superficiel avec le site. L’énormité des budgets inscrits au nouveau plan de gestion, dont tous savent parfaitement qu’ils ne seront pas disponibles, augure d’un abandon progressif de l’île Dumet. Celle-ci deviendra, au mieux, une île réservée aux oiseaux et aux ornithologues, dont les habitants de notre région seront définitivement bannis.

Un exemple à méditer sur les relations entre Pouvoirs publics et associations et accessoirement sur le fonctionnement de la démocratie locale …

Jean-Pierre Barbier  Président de Dumet Environnement et Patrimoine

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